Conseils canins à vous mettre sous la dent!

Chapitre 10 – Le chien et l’enfant

Le chien et l’enfant

Voulant bien faire, notamment après avoir lu des articles traitant de l’apprentissage à la vie sociale, beaucoup de parents achètent consciencieusement un chiot «pour l’enfant». Cette attitude est à mon sens fort dangereuse. En effet, l’enfant, immature par essence, ne sait déjà pas se contrôler lui-même. II ne saura pas contrôler un animal.

Si vous achetez un chien pour l’enfant, sachez que malgré toutes les promesses de ce dernier, vous devrez vous-même sortir le chien, le nourrir, le soigner et l’éduquer. L’enfant le fera un peu au début, et beaucoup moins par la suite, sauf bien évidemment s’il fait preuve d’une maturité hors du commun. Vérifiez les motivations de l’enfant avant l’achat, expliquez-lui bien ses futures obligations.

L’idéal, pour les parents, est de faire appel aux services d’un bon éducateur canin, pour apprendre eux-mêmes les codes de fonctionnement, le «mode d’emploi» de leur chien. Ensuite, ils peuvent avec compétence transmettre le flambeau à leurs enfants. Puisqu’ils sont devenus «ceux qui savent», ils regagnent, s’il en était besoin, l’autorité de la compétence aux yeux de leur fils ou de leur fille.

Vous l’avez compris, je me place résolument du côté du chiot ou du chien. Il faut que celui-ci trouve autour de lui une atmosphère sereine, peuplée d’êtres humains qui le comprennent. Croyez-moi, il n’est pas aussi simple qu’on le croit généralement de comprendre les mécanismes mentaux et physiques d’un chien.

En tout état de cause, si vos enfants sont en général autoritaires, nerveux, brise-fer, capricieux, bref, si ce sont de bons petits diables, ne laissez pas le chien seul avec eux. Il deviendrait très vite leur souffre-douleur. Posez-vous dans ce cas la question de savoir pourquoi ces enfants sont aussi insupportables…

Le chien est un formidable révélateur des comportements de l’être humain. Une des formules les plus justes sur le sujet est le fameux «tel maître, tel chien».

Je ne critique pas le principe de l’enfant-roi. Tant mieux si vos enfants sont bien traités. Mais il faut éviter qu’ils deviennent des tyrans. Veillez au contraire à ce qu’ils se placent dans la lignée des monarques éclairés.

Sans être forcément méchant, un enfant peut très vite devenir un bourreau. J’ai vu un labrador à qui l’enfant de la maison avait découpé aux ciseaux la moitié d’une oreille. Le chien n’avait même pas réagi !

Attention, cette tyrannie peut coûter très cher. Combien d’enfants ont été défigurés par leur chien uniquement parce que, une seule fois, ils avaient été avec lui brutaux sans le vouloir.

Quant à l’idée du chien-cadeau, c’est-à-dire du chien exclusivement destiné à être un cadeau pour l’enfant, les parents sachant dès le départ qu’ils laisseront le chien aux bons soins exclusifs de l’enfant, il vaudrait mieux ne pas y songer.

Un chien cadeau est un animal destiné à souffrir beaucoup. En finale, il sera soit abandonné soit euthanasié. Je dépeins volontairement un tableau noir, parce qu’il vaut toujours mieux prévoir le pire, quitte à ce qu’il n’arrive pas toujours.

Mettez donc toutes les chances de votre côté pour que les choses se passent bien entre le chien et l’enfant. Achetez un chien calme, apprenez les codes de contrôle avec un bon éducateur canin, et vérifiez très souvent que l’enfant assume bien ses devoirs de petit maître. Ces trois points étant acquis, la présence d’un chien aux côtés de l’enfant se révélera une bénédiction quotidienne. J’ai bien été fort content, moi, d’avoir eu des chiens pendant toute mon enfance!